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Les chroniques : Grain de sel : Mise au point
Publié par news le 22/02/2012 18:50:00

Chaque semaine, Défi culturel reproduit les articles de l'historienne de l'art Christine Sourgins, auteur de l'ouvrage de référence Les Mirages de l'art contemporain. Vous pouvez retrouver son excellent blog à cette adresse.

Le Carnaval bat son plein à la galerie Gagosian qui expose… des confettis.  Soit la série complète des "Spot Paintings" de Damien Hirst, qui, lorsqu’il ne plonge pas les requins dans le formol, fait des ronds dans la peinture, rien que des ronds et encore des ronds, ce qui fait beaucoup d’argent.
Question esthétique, l’intérêt frôle celui du nuancier en peinture industrielle. Ces pustules proliférantes ont-elles un sens caché ? Certains glosent sur les points colorés qui, en galerie, symbolisent la vente ou l‘option etc… D’autres remarquent que des titres font allusion à des drogues ou des produits toxiques… l’AC est, on le sait, un cynisme à valeur ajouté.
Collectionnés par les plus grosses fortunes qui ont prêté leurs boutons multicolores, les plus grands critiques d’art sont requis au catalogue pour la célébration planétaire de ce zéro pointé : l’exposition a eut lieu simultanément dans les onze espaces du galeriste, à Londres, Hongkong, New York, Rome, Athènes, Beverly Hills, Genève et Paris... Il fallait bien ça, pour cette apologie de la pastille qui risque d’être difficile à avaler pour certains collectionneurs : sur Abelone Acetone Powder une « Spot painting » de 1991, présentée à la Biennale de Venise en 2004, de larges craquelures étaient visibles. Le catalogue citera-t-il le savoureux article du Journal des Arts, n° 184, 9 janvier 2004, « L’art contemporain à l’épreuve du temps » ? J’en doute, voici quelques morceaux choisis :
« Les "Spot paintings" de Damien Hirst posent de sérieux problèmes de conservation. En cause, la mauvaise qualité de la peinture utilisée par l’artiste » : une « banale laque de peinture, (…), moins résistante que la peinture à l’huile, (qui) s’adapte mal à un support aussi souple que la toile ». 
 
De la peinture industrielle ? Non seulement la valeur du tableau est menacée mais les questions d’assurance peuvent devenir délicates. Le cas est tellement fréquent, pour les œuvres d’AC, qu’une conférence au titre explicite ,« Avant que l’art ne s’effondre », fut organisée en 2003 à la Royal Society of Arts de Londres par la compagnie d’assurances AXA Art : elle révéla un point d’achoppement, un gros point noir. En effet, certains artistes d’AC ne voyaient pas très bien où  était le problème : ils considèrent l’utilisation de matériaux éphémères comme partie intégrante de leur travail.
 
Un point c’est tout, dirait Hirst et sa galerie, que d’aucun on déjà rebaptisée la « galerie GAG-osian ». Bon mardi-gras !
 
Christine Sourgins

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